Site web miroir destiné à la Chine - Original : www.communication-sensible.com
Le magazine internet de la communication de crise, sensible et de la gestion de crise édité par l'Observatoire International des Crises - OIC

Observatoire International des Crises - OIC     | Espace Presse | A propos de l'OIC   Issues management & crisis communication review
Si vous avez marqué des pages sur la communication de crise, vous les retrouvez ici.Vous permet de marquer cette page pour vous en souvenir lors de votre prochaine visite sur CCCVous permet d'envoyer une page sur la communication de crise vers un autre site Web
 
Le magazine

Articles

Publications
 

Important :
Site Web miroir
destiné à la Chine


Cliquez-ici pour accéder au site web complet.

 

 


 Site web de l'Observatoire International des CriseCommunication de crise - gestion de crise - communication stratégique - magazine
Samedi 31 Juillet 2010  - Le Magazine de la Communication de Crise et Sensible
Vous pouvez librement réaliser un lien vers cette page depuis votre site.

ARTICLES
accueil > Tous les articles > Article 0149
 La fonction « achats » en question après l'affaire Faurecia

Communication de crise - le magazine vol.11
ISBN
2-916429-01-08

A lire également :
Le magazine de la communication de crise et sensible
Vol 11 - pdf - 82 pages - 8,5 Mo
   
Envoyer cet article

>

Rédigez un article

   
   
Politiques industrielles
La fonction " achats " en question après l'affaire Faurecia
Didier Heiderich


Article paru dans "Les Echos" du 17/08/06

 

Les services achats se sont professionnalisés depuis une quinzaine d’années pour se positionner au cœur de la politique "cost killing" des grands groupes industriels. Dans l’entreprise, « les achats » se sont ainsi emparés d’une part importante du pouvoir pour devenir une fonction éminemment stratégique à tendance narcissique. Avec l’affaire Faurecia les vieux démons des pots-de-vin sont de retour. Mais cette crise n’est-elle pas simplement révélatrice des limites des stratégies « achats » ?

Dans les années 1990, avec sa galaxie d'équipementiers, l'automobile a été l'une des premières industries à utiliser le "cost killing". Cette politique, plus facile à mener en pressurisant les sous-traitants que ses propres employés, fut donc confiée dans l’essentiel de son application aux services achats priés de trouver ailleurs et moins cher. Cette stratégie de délocalisation de la production (dîtes "outsourcing") fut par ailleurs déclinée jusqu’à l’extrême lorsque Serge Tchuruk a annoncé en 2001 faire d’Alcatel un groupe "fab-less", c'est-à-dire une entreprise sans usine. Sans en arriver à cette extrémité, la professionnalisation des achats trouvait quelques vertus : mettre de l’ordre dans l’effroyable complexité des portefeuilles fournisseurs, recentrer les entreprises sur leur cœur de métier et "encourager" les sous-traitants à intégrer des méthodes modernes de gestion. Enfin, la modernisation des achats devait mettre un terme aux petites recettes qui faisaient les grands plats des acheteurs : dîners en ville, week-end en Tunisie et autres petits cadeaux qui facilitaient la prise de décision (dîtes "stratégie achats").

Même s’il est en perte de vitesse, le "cost killing" fut érigé en un mode managérial qui a trouvé ses limites dans la fragilisation de nombre de sous-traitants, a créé les conditions de l’intermédiation par les achats qui a "défluidifié" la relation entre ingénieurs, a délocalisé les productions vers des pays peu regardants du droit du travail et de l’environnement. Le "cost killing" est à l’origine de la déstructuration des tissus industriels locaux en occident, du démantèlement des savoir-faire et de la perte de la mémoire de nombre d’entreprises source d’explosion des coûts lorsqu’il faut réinventer systématiquement le fil à couper le beurre ou l’ARN messager. Pour finir, l’itération « faire mieux avec moins » a des limites : au-delà d’un seuil, le "cost-killing" n’est pas créateur de valeur mais un moyen d’accumulation des marges dans les strates supérieures des organisations (l’actionnaire et le client final) ce qui a pour effet d’assécher financièrement les lieux de création et de production.

Il y a dans cette politique de l’"outsourcing" des aspects sociologiques. Il apparaît clairement que nombre d’acheteurs sont de très jeunes cadres qui n’ont rien à envier aux loups de la finance : la capacité à réagir rapidement aux stimuli des marchés et une approche des flux très aiguisée mais aussi une vision radicale et le mercenariat pour rapport avec l’entreprise. Sortis des mêmes écoles, la pensée unique est une règle chez les jeunes acheteurs comme dans nombre de fonctions : la créativité des acheteurs est bridée par le clonage des formations, la standardisation des méthodes et la limite des logiciels. Enfin, il y a dans cette génération montante d’acheteurs un phénomène psychologique à prendre en considération : la virtualisation du monde forgée par les échanges électroniques et les jeux vidéos. A l’heure où les constructeurs n’achètent plus des pièces mais des sous-ensembles (dîtes "fonctions"), la dématérialisation porte en soi les gènes du "fab-less" dont l’une des composantes est le "risk sharing" (dîtes "Partage des responsabilités accru") qui consiste à également externaliser la conception en plus de la production et la logistique. Or, à force de perdre du savoir-faire, les donneurs d’ordres ne seront plus que des intermédiaires avec les dangers que cela suppose : la dématérialisation a pour limite ce que le steak virtuel a d’intérêt pour le client d’un restaurateur.

Nous sommes en droit de penser que l’"outsourcing" finira par s’autoréguler jusqu’à l’apparition de la prochaine prétention managériale. Une première alerte, à l’origine d’un coup de volant (dîtes "orientation stratégique"), s’était déjà produite lorsque Nike s’est trouvé confondu par le choix de ses sous-traitants. Nike s’est depuis acheté une vertu et plusieurs groupes lui ont emboîté le pas dans une relative transparence de leurs opérations délocalisées. De même, nombre d’entreprises ont eu à comprendre que "l’optimisation" par le coût de la main d’œuvre possède des revers que la déraison ignore. Bref, les méthodes de management gravées dans le marbre avant d’être effacées sont pléthores. Le "fabless" passera de mode lui aussi, même si un retour en arrière s’avère difficilement imaginable… sauf qu’à 200$ le baril de brent, on réfléchira au moyen de produire les biens matériels au plus près de leur lieu d’usage.

Mais si chez l’humain il réside des constantes qui dépassent les modes, l’appât du gain en est une. Or l'équipementier français Faurecia est présumé être au cœur d’un scandale de corruption à la hauteur de la puissance que possèdent « les achats ». L’équipementier est effectivement accusé d’avoir versé des pots-de-vin à des acheteurs de VW, Audi et BMW et selon des sources proches de l’enquête, il ne s’agirait pas d’un cas isolé. Cette affaire risque de modifier la donne des services achats qui vont devoir rendre des comptes plus précis qu’auparavant, comme ce fut le cas pour la fonction « finance » après l’affaire Enron.

La réputation des donneurs d’ordres et des équipementiers ne risque pas de sortir grandi de cette crise : toutes les marques automobiles éclaboussées par l’affaire Faurecia devront trouver des finesses de communication pour expliquer l’intérêt du "cost killing", de l’"outsourcing" ou du plus actuel "risk sharing" à leurs sous-traitants. Mais avant tout cette histoire nous rappelle que l’essence des organisations est humaine : quelque soit le professionnalisme d’une fonction de l’entreprise, l’humain conserve une part d’imprévisible.

Au-delà de l’opprobre jeté sur quelques uns, autant qu’une faillite morale, l’affaire Faurecia pose la question des faiblesses de l’"outsourcing" : comment se fait-il qu’une entreprise aussi performante se trouve en situation de devoir contourner le système pour obtenir des marchés ? Est-ce lié à la politique de mise sous pression des sous-traitants ? Quelles sont les failles dans les stratégies, le pilotage et les opérations fondés sur l’"outsourcing" qui conduisent à cette situation ? Qu’est-ce qui dans des méthodes ne fonctionne pas ? Les stratégies achats ne sont-elles pas le fruit du prêt-à-penser (dîtes "logique de choix collectif") plutôt que de la pensée stratégique ? Faut-il se conformer aux stratégies ambiantes et corriger les erreurs par le pilotage ou se singulariser ? Et si l’on souhaite adopter d’autres modèles, quels sont les écarts (dîtes "facteurs de différenciation") acceptables par la communauté ?

Mais dans tous les cas, notons qu’à chaque fois que celles-ci s’érigent en maître, les tours de Babel managériales créent un risque d’effondrement à la hauteur des ambitions qu’elles affichent. Même les tout-puissants services "achats" devront se souvenir que les crises se nourrissent avant tout de croyances, d’ignorance et de prétentions.

D.H.

Didier Heiderich est président de l'Observatoire International des Crises

 

 

 

 

Magazine de la communication de crise et sensible.

 

(c) Tous droits réservés par les auteurs


 

 

Antropia - Moteur de recherche documentaire sur les sciences de l'information et de la communication Rechercher avec antropia

2010 : les dix ans du magazine

Dix ans de gestion de crise

Dossier de presse
Chiffres clés, événements marquants, chronologie.

Voir aussi :
Vous et nos 10 ans



Prochain numéro

"Crises et sciences sociales"
Appel à contribution

Crises et sciences sociales
Le numéro à paraître en juin 2010 à pout thème "Crises et sciences sociales : sociologie, philosophie, psychologie, histoire et langage".
Contribuer


Derniers numéros

Communication, Crise et RSE
Communication, Crise et RSE
Téléchargez le magazine n°18
26 pages, PDF, 2,5 Mo - gratuit
13 000 lecteurs
| Abonnement gratuit
| Historique des magazines



La crise financière mondiale - analyse de l'Observatoire International des CrisesCrise financière et économique mondiale
Les analyses, observations et projections sur la crise
Téléchargez le magazine n°17
40 pages, PDF, 3,5 Mo - gratuit - 34 000 lecteurs
| Abonnement gratuit
| Historique des magazines


 

AGENDA & FORMATION

Planète en crise
Université de Louvain
A l’initiative du Pôle de recherches en communication d'organisation de l'Université de Louvain se tiendra les
18 et 19 novembre 2010 à Bruxelles
un colloque international intitulé
"Communication & Environnement, évolution des approches, changement des pratiques"
Télécharger le communiqué
Télécharger l'affiche


Formation
Communication de crise
Formation communication de crise - gestion de crise - Paris - Bruxelles - Lyon - Nice - Bordeaux - Strasbourg
Prochaines session à Paris
- 21 et 22 avril 2010
- 6 et 7 juillet 2010
Animés par
Didier Heiderich et Stephen Bunard
Information

Formation intra :
Information

Didier Heiderich invité de la Sorbonne
Petit déjeuner -débat de la Sorbonne, mai 2010

Didier Heiderich est invité à débattre sur :
« Comment réconcilier l’entreprise et le social ? La crise, outil de management pour adapter la communication à l’entreprise de demain. »
Information : www.sorbonnecommunication.fr

 

Formation
formation communication d'influence sur internet
"Relations Publiques 2.0 et Réputation sur Internet"

Paris : 1 et 2 juin 2010

Animé par
Laurent Durgeat et Didier Heiderich
Cette formation comprend un large volet sur la gestion de la réputation sur internet en situation sensible
Information et inscription

 

 

Actualité de
l'Observatoire International
des Crises


Didier Heiderich dans Le Monde
Le Monde
Interview de Didier Heiderich sur la communication de crise du Vatican, avril 2010
Lire
 


Techniques de l'ingénieur
Interview de Didier Heiderich sur les enjeux sensibles "Nanotechnologies : les entreprises face au risque de réputation", mars 2010
Lire

 

La voix du nord
LA VOIX DU NORD
Interview de Thierry Libaert
"Oui, il y a eu des ratés dans la communication de Total mais pouvait-il en être autrement ?"
Mars 2010
Lire
 


ARTE
Interview de Didier Heiderich dans un reportage sur la communication d'Areva
Février 2010
Voir
Version en allemand

 


Février 2010
"Anti-tabac : la controverse est moins chère que la pub"
Interview de Thierry Libaert

"Ikea achète des mots-clés Google pour contrer la grève"
Interview de Didier Heiderich
 

NON FICTION
Crash du Concorde : analyse de la communication d'Air France, interview de Thierry Libaert
Février 2010
Lire



L'Observatoire International des Crises cité dans le l'article "Beijing May Be Violating its WTO Obligations"
Janvier 2010
L'article

 

10 ans de gestion de crise
10 ans d'existence, rétrospective
Voir
 


Interview de Didier Heiderich
pour l'article
"iPhone fissurés : pourquoi Apple a tardé à réagir", août 2009
Lire

 


Communication des associations
Par Thierry Libaert et Jean-Marie Pierlot, 2009


L'Entreprise et l'Homme, juillet 2009
"Dossier communication de crise"
Interviews de T. Libaert et D. Heiderich
En savoir plus
 


Le communicator
Marie-Hélène Westphalen
et Thierry Libaert

Nouvelle édition 2009

 


Article de Sophie Giret sur la publicité en situation de crise
L'article
Son mémoire la "crise fait sa pub"


COURRIER DES MAIRES
Interview de Thierry Libaert sur la communication territoriale de crise
Avril 2009
L'interview


Marque déposée

Rappel :
Observatoire International des Crises
est également une marque déposée.
 

Observatoire International des Crises
L'actualité de l'OIC

 

 Site à découvrir

eScholarship Editions
Les "University of California Press" ont mis en ligne, gratuitement, quelques 400 ouvrages (histoire, littérature, sciences sociales...), en texte intégral, sur leur catalogue d'environ 1500 ouvrages électroniques. Pour les ouvrages gratuits, voir "Browse Public Titles"
Découvrir le site
 

 Nos publications à découvrir

Influence
Influence sur internet
Par Didier Heiderich

|  Télécharger (pdf 800 Ko)
Plus de 14 000 lecteurs depuis ce site (03/2010)


Stratégie

Jeu d'échecs et communication de crise
Par Thierry Libaert

|  Télécharger (pdf 350 Ko)



Management de crise

La faute à l’éléphant ?
Ou la crise comme refus du changement
Par Pierre Fayard, Directeur du Cendotec, Cité Universitaire de Sao Paulo, Brésil.
gestion de crise
|
 Télécharger (pdf 205 Ko)


Gestion de crise
"COMMENT EN EST-ON ARRIVE LA ?"
DU TERRAIN DE CRISE A LA CATASTROPHE
Par Christophe Roux-Dufort, professeur EM Lyon
gestion de crise
"Que l'on soit manager, communicant ou gestionnaire de projet, cet article est absolument à lire." DH.
|  Télécharger (pdf 428 Ko)


Sociologie des crises et du risque

LA PERCEPTION DU RISQUE DANS LA SOCIÉTÉ DE LA PEUR
Par Didier Heiderich, président de l'OIC
societe de la peur - didier heiderich
|  Télécharger (pdf 131 Ko)
Plus de 10 000 lecteurs (03/2010)

 

|  Toutes nos publications
 

Vos téléchargements préférés

Crise :
1..150
par Thierry Libaert
Plus de 42 000 lecteurs *

3ème édition

La communication de crise de 1 à 150

|  Pour obtenir l'ouvrage
 

La communication de crise
fait sa pub
Mémoire de Sophie Giret,
Lauréate du concours 2003
sur la communication de crise
plus de 28 000 lecteurs *

publicité et communication de crise
| Télécharger (pdf 1,3 Mo)
 

Plan média de crise
par Didier Heiderich
en liaison avec
Xenophon Strategies Inc
Washington
plus de 23 000 lecteurs *

 plan média de crise
| Télécharger (pdf 256 Ko)
 

* Statistiques de téléchargement des fichiers PDF (papier numérique) fournies par le serveur entre le 1 janvier 2004 et le 5 mars 2007.
"Il y a trois sortes de mensonges : les mensonges, les gros mensonges et les statistiques."
Benjamin Disraeli (1804-1881), homme politique britannique

 

 Également sur le magazine

publications sur la communication crise communication sensible communication stratégique

Publications
Retrouvez au format papier numérique sur nos publications.

| Nos Publications
 

 Relations presse

Presse room de l'OIC et du Magazine de la communication de crise
| Relations presse

 

 Partenaires

 

Marketing Finalitaire et Systèmes d'Information

com analysis conseil en communication

 

 

Outils professionnels

Nouveau sur le magazine :
 l'espace Business Class


Découvrir l'espace business class


 

 

 

Permissions | Informations sur le copyright | Aide

Un problème ? Un bug ? Un lien brisé ? Signalez-le. Merci.
Le magazine de la communication de crise et sensible  (c) 2010
Site web miroir


Site web original :
http://www.communication-sensible.com

Le magazine de la communication de crise et sensible
Editeur : Observatoire International des Crises

Déclaration CNIL n° 730674 -  Indicatif éditeur 2-916429


Ce Magazine sur la communication est édité depuis la Corrèze (Limousin France) par l'Observatoire International des Crises

 


Voir aussi : plan de communication à télécharger